Pourquoi parler de musique ? Parce qu’il y a beaucoup de choses à dire sur elle. La musique est un art qui a beaucoup évolué. Les styles de musique ont été radicalement transformés au cours du XXe siècle. Après la deuxième guerre mondiale, on a vu une nouvelle manière de faire de la musique, et surtout, une nouvelle manière de la diffuser. Je parlerai de la musique populaire moderne, celle qui dérive du rock ’n roll et du hip-hop. Cette musique, dite « musique de jeunes » repose sur trois axes, qui sont le rock, le hip-hop et l’électro. Cette classification est elle-même discutable. Car, pour certaines personnes, tous dérivent du rock. Jean-Luc Delarue avait soulevé la question d’un esprit rock dans le rap. En tout cas, on peut placer ces musiques-là dans une case, qui est celle des musiques écoutées par les jeunes des pays riches, depuis les années 50. On pourrait aussi se perdre dans une classification, qui donnerait naissance à une arborescence très compliquée, tellement les subdivisions à l’intérieur sont difficiles à suivre, et contestées.

      Une autre raison pour laquelle je veux parler de musique, c’est qu’aujourd’hui, il y a, de la part des trentenaires, ceux qui ont connu les années 90, un sentiment (constat ?) de décadence. Voyant l’évolution de la musique à la radio, la télévision et le web, les gens qui ont écouté les grands groupes des années 90, sont déçus par la musique d’aujourd’hui. Même si on peut entendre ça de tous les styles, c’est surtout le rap qui est touché par cette nostalgie, cette condamnation des interprètes actuels. On entend dire partout que : « le rap, c’était mieux avant ». Si on ajoute à cela que le rock est quasi inexistant dans les médias actuels (on ne peut en écouter que dans les concerts, souvent dans des salles peu connues). Comme si, avec la fin des années 90, une partie de la musique, ou plutôt un esprit musical, avait disparu. C’est vrai qu’à l’époque (même avant, dans les années 80), la musique de jeune était un état d’esprit. On voyait beaucoup de gens avec des écouteurs, un walkman ou un discman. Il y avait des groupes très célèbres. Il y avait un sentiment d’appartenir à un camp. Même si on écoutait aussi la musique de l’autre camp. D’un autre côté, il n’y avait pas itunes, youtube, les smartphones, tous ces nouveaux médias qui ont facilité la diffusion de la musique. A l’époque, il fallait payer sa musique, et parfois cher. En conséquence, on avait une certaines exigences. Il fallait qu’une musique mérite d’être écoutée pour qu’on se penche dessus. N’importe quel type qui avait un petit délire personnel ne pouvait pas faire le buzz. De plus, à cette époque, les jeunes grandissaient en opposition à leurs parents. Ce qui fait qu’il était important de ne pas écouter la même musique que ses parents. Il se conciliait un désir d’indépendance et une sévérité, suivant lesquelles les identités musicales se développaient.

      En fouillant ma discothèque actuelle, je vais écrire un article sur chacun de mes cd, pour montrer ce qu’ils m’ont fait ressentir. Ce travail vaut d’être fait, car certains artistes étaient vraiment exceptionnels.