Me Melo Man

04 février 2016

Shurik'n Où je vis

« Où je vis » de Shurik’n est probablement un des meilleurs albums de rap français de tous les temps. Malgré le nouvel album solo (sorti 14 ans plus tard) et les autres albums d’Iam, il est difficile d’oublier ce disque qui a marqué mon adolescence et celle de ceux qui suivaient le rap français à l’époque. Comme avec Iam dans  « l’Ecole du micro d’argent », Shurik’n écrit des textes de grandes qualité accompagnés de musique très sobres. C’était le style de l’époque et ça a très bien marché pour ce disque.

On est à cent lieues des productions de rap actuels, qui misent beaucoup sur les moyens techniques et les mises en scène tapageuses. On entend des jeunes d’aujourd’hui dire que les nouveaux rappeurs ont un son de meilleure qualité. Juger une musique à la qualité sonore, c’est comme dire : « J’ai un beau stylo donc je suis un grand écrivain ». En réalité, ce qui fait la qualité d’une musique, c’est l’imagination, l’audace, la capacité à rêver de l’artiste, pas la qualité de son matériel musical.

Les musiques d’accompagnement du rappeur marseillais sont simples et sobres. Cela n’empêche qu’elles se marient très bien avec ses paroles, qu’elles lui donnent une signification particulière, et que chaque note sonne avec profondeur. Ces musiques évoquent à la fois la musique classique, la musique asiatique et les musiques de films d’aventure.

Mais ceux sont surtout les paroles qui retiennent notre attention. Il est vrai qu’à l’époque, le rap français se distinguait par des textes d’une intelligence rare. Et Shurik’n l’a bien confirmé. Un autre mérite de ses textes, c’est qu’il n’y a pas de violence, contrairement à ce qu’on disait du rap de l’époque. Quand j’étais ado, le rap était systématiquement associé aux racailles, au machisme et à la violence. Shurik’n et Iam ne montrent aucun des ces clichés. Je n’ai pas écouté le nouvel album « Tous m’appellent Shu », mais les textes d’ « Où je vis » me suffisent largement. Je voudrais vous donner quelques citations pour l’exemple :

En somme voici venir l’âge béni, où tu te crois homme mais t’es qu’un con, et y a qu’à toi qu’on l’a pas dit.

Aussi sûrement qu’une étoile, une âme peut s’arrêter de briller.

On peut pas dire ce qu’on a jamais entendu.

On persévère avec un père sévère.

Dire qu’on a vécu, laisser la trace d’un passage éphémère.

Ne pas finir comme une chanson qui meurt parce qu’on la chante plus.

Au nom de mes frères, je resterai fier, je scelle ces mots d’un sceau de fer.

C’est son vécu qui fait d’un homme un homme.

Quand au nouvel album, je suppose qu’il doit être aussi bien que le premier. Mais je ne l’ai pas écouté, sauf quelques extraits. Le problème, c’est qu’il n’est pas sorti à la bonne époque. Un rap sobre, un son gras avec des paroles profondes, c’était le style d’il y a quinze ans. Je ne crois pas que Shurik’n arrivera à battre Maître Gim en terme de vente. Mais bon, c’est comme ça.

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18 novembre 2014

The Police-Greatest Hits

            Voila un cd qui m’a épaté. De mon temps, ça faisait déjà nostalgique d’écouter ça. The Police était célèbre dans les années 70-80. C’était considéré comme du vieux rock. Même si ce n’est pas tout à fait ça. Il y a une forte inspiration reggae, mélangé avec du rock, et, dans les dernières chansons, un côté space très prononcé. Parfois j’ai envie de dire que c’est une sorte de « reggae blanc », si on me passe l’expression. Les chansons qui sont présentes sur le Greatest Hits sont pour beaucoup d’entre elles des tubes. De Roxanne à Every Breath You Take, en passant par Can’t stand losing you et Message in a bottle, on trouve beaucoup d’excellentes chansons sur ce cd. D’ailleurs, Sting a repris certaines de ces chansons dans sa carrière solo. Pour moi, elles sont toutes bien. Au départ, j’avais cherché ce cd pour écouter Can’t stand losing you, que j’avais entendue étant jeune. Je ne connais pas d’amateurs de rock qui n’aimait pas Police. Dans le pire des cas, on disait que c’était démodé.

            Le disque commence par Roxanne, une chanson aujourd’hui très célèbre. Elle parle d’une ancienne prostituée qui n’est plus obligée d’être une prostituée. Cette chanson donne bien le ton de l’album. Les textes sont humanistes et aussi poétiques. Les paroles sont inspirées par un humanisme romantique qu’on retrouve souvent chez Sting. Mais ce n’est pas politisé, contrairement à d’autres groupes. On ne trouve pas non plus de penchant pour l’extrémisme ou des trucs un peu facile du style : « tous des pourris » ou « c’est la faute des flics ». C’est très humain, ça parle des problèmes des gens. Ca parle beaucoup d’amour, et aussi de souffrances. C’est aussi très réussi sur le plan musical. Je ne saurai pas dire quelle est ma chanson préférée car elles sont toutes très bonnes. C’est un peu une question d’humeur.

 

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29 mars 2014

Intro

      Pourquoi parler de musique ? Parce qu’il y a beaucoup de choses à dire sur elle. La musique est un art qui a beaucoup évolué. Les styles de musique ont été radicalement transformés au cours du XXe siècle. Après la deuxième guerre mondiale, on a vu une nouvelle manière de faire de la musique, et surtout, une nouvelle manière de la diffuser. Je parlerai de la musique populaire moderne, celle qui dérive du rock ’n roll et du hip-hop. Cette musique, dite « musique de jeunes » repose sur trois axes, qui sont le rock, le hip-hop et l’électro. Cette classification est elle-même discutable. Car, pour certaines personnes, tous dérivent du rock. Jean-Luc Delarue avait soulevé la question d’un esprit rock dans le rap. En tout cas, on peut placer ces musiques-là dans une case, qui est celle des musiques écoutées par les jeunes des pays riches, depuis les années 50. On pourrait aussi se perdre dans une classification, qui donnerait naissance à une arborescence très compliquée, tellement les subdivisions à l’intérieur sont difficiles à suivre, et contestées.

      Une autre raison pour laquelle je veux parler de musique, c’est qu’aujourd’hui, il y a, de la part des trentenaires, ceux qui ont connu les années 90, un sentiment (constat ?) de décadence. Voyant l’évolution de la musique à la radio, la télévision et le web, les gens qui ont écouté les grands groupes des années 90, sont déçus par la musique d’aujourd’hui. Même si on peut entendre ça de tous les styles, c’est surtout le rap qui est touché par cette nostalgie, cette condamnation des interprètes actuels. On entend dire partout que : « le rap, c’était mieux avant ». Si on ajoute à cela que le rock est quasi inexistant dans les médias actuels (on ne peut en écouter que dans les concerts, souvent dans des salles peu connues). Comme si, avec la fin des années 90, une partie de la musique, ou plutôt un esprit musical, avait disparu. C’est vrai qu’à l’époque (même avant, dans les années 80), la musique de jeune était un état d’esprit. On voyait beaucoup de gens avec des écouteurs, un walkman ou un discman. Il y avait des groupes très célèbres. Il y avait un sentiment d’appartenir à un camp. Même si on écoutait aussi la musique de l’autre camp. D’un autre côté, il n’y avait pas itunes, youtube, les smartphones, tous ces nouveaux médias qui ont facilité la diffusion de la musique. A l’époque, il fallait payer sa musique, et parfois cher. En conséquence, on avait une certaines exigences. Il fallait qu’une musique mérite d’être écoutée pour qu’on se penche dessus. N’importe quel type qui avait un petit délire personnel ne pouvait pas faire le buzz. De plus, à cette époque, les jeunes grandissaient en opposition à leurs parents. Ce qui fait qu’il était important de ne pas écouter la même musique que ses parents. Il se conciliait un désir d’indépendance et une sévérité, suivant lesquelles les identités musicales se développaient.

      En fouillant ma discothèque actuelle, je vais écrire un article sur chacun de mes cd, pour montrer ce qu’ils m’ont fait ressentir. Ce travail vaut d’être fait, car certains artistes étaient vraiment exceptionnels.

Posté par yrepnomis à 21:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]